Alfy contre Hamilcar contre Mishima : Jouet du destin

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Alfy contre Hamilcar contre Mishima : Jouet du destin

Message  Mishima le Ven 25 Nov 2016 - 12:06

:bande4:


feuillecentre1 Hamilcar vs Mishima vs Alfy feuillecentre1
feuillecentre1

" Ave, spectatores, morituri vos salutant.!!!! "


Intitulé : Jouet du destin (sur une proposition originale d'Adhâara)

Préambule : Vous vous souvenez des Moires de la mythologie grecque ? Chacune avait un rôle dans le façonnage de ce qu’on appelait le destin… Parmi elles, il se trouvait :

• Clotho : son rôle était de filer les jours et de déterminer les événements qui marqueraient votre existence
• Lachesis était là pour dérouler le fils et tirer le sort de chacun. Le vôtre y comprit.
• Enfin, en bout de chaine, Atropos veillait à faire cesser les derniers battements de votre cœur, alors qu’elle coupait avec ses ciseaux le fil de votre vie.

CE QUE VOUS NE SAVEZ PAS C’EST QUE L’UNE D’ELLE A VOULU REVENIR SUR LE DESTIN D’UN MORTEL :

Par amour, par compassion, par haine ou simplement pour tromper l’ennui (à moins que ce ne soit pour une tout autre raison), l’une d’elle à tromper ses acolytes pour favoriser le destin d’un individu ou au contraire le pénaliser amèrement. Vous allez nous relater cette histoire : la scène principale concernera les Moires durant leur tissage et vous insisterez sur le moment même de la faute. Quelles étaient ses raisons ? Les autres l’ont t’elles découvert ? Qu’est-il arrivé au mortel victime de ses frasques ? C’est à vous de nous le dire… Mais n’oubliez pas qu’à la fin, vos lecteurs ne choisiront qu’un seul texte et couperons le fil de vie des deux autres auteurs.


Restrictions : Nouvelle
5 pages Word max, police d’écriture Time New Roman 12
Envoi par MP

Rappel des consignes :
• La scène principale doit se concentrer sur l’interaction entre les Moires, l’histoire du mortel reste au second plan (même si vous pouvez sans problème l’aborder)
• Pas de point de vue interne.
• Une seule des Moires doit être à l’origine de la faute.

Conditions de victoire : Vote majoritaire des membres d’HDR pour votre texte

Délai : 6 jours,
donc jusqu'à Minuit d'entre jeudi 1er Décembre et Vendredi 2 Décembre 8-)

Pas de questions ?
" Que le sort vous soit favorable ! "



:bande4bis:

Concurrent(e) n°1 a écrit:____Il n'y avait certainement pas meilleure tisseuse qu'elle de tous les mondes - et pour cause, Cloclo était LA tisseuse. Elle jouait avec les brins de toutes matières et de toutes couleurs, et composait rien de moins que les fils du Destin. Un bien grand mot pour ces fibres qu'elle se plaisait à assembler, à tordre, imaginant et imposant dans le tissage une vie entière, encore muette. Elle aimait bien son job, vraiment. Elle débordait d'inspiration quand il était question de ses fils. Mais elle ne faisait pas tout !
____C'est Lala qui leur donnait vie, à ces vies. Mais elle déroulait le fil avec tant de sérieux, la mine grincheuse - elle était simplement jalouse du travail de Cloclo et parfois, elle tirait un peu trop fort, un peu mollement. Ça n'avait pas de grandes conséquences, parce que Cloclo connaissait son boulot, et ses fils étaient les plus résistants des mondes.
____La plus renfrognée, c'était Trop, et en même temps, elle aimait bien ce qu'elle avait à faire : "scouic" ! Une paire de lames dentelée et un peu rouillée par endroits, mais toujours très aiguisées ! Jalouse elle aussi, comme cette idiote de Lala, mais elle, elle avait le pouvoir d'abîmer les fils irrémédiablement. Et ça, ça donnait le cafard à Cloclo. Voir ses jolis fils multicolores tomber sans vie aux pieds de cette vieille bique, c'était chaque fois un coup à son inspiration. Mais elle valait mieux qu'une dépression - d'abord, ça aurait fait trop plaisir à Trop, et pis l'Univers aurait été beaucoup moins drôle d'un seul coup.

____Pour se venger d'un coup de ciseaux mesquin, Cloclo décida ce jour-là de tisser le plus beau, le plus long, le plus résistant, le plus coloré de tous les fils qu'elle ait jamais tissés. Pas facile, c'est vrai. Elle prit le temps d'y réfléchir, tissant méthodiquement des petits lins pour une foultitude d'anonymes dont elle se fichait qu'ils finissent centenaires ou avortés - Trop aimait bien lui couper le lin sous le nez.
____D'abord, il serait fils de roi. Non, d'empereur ! Et il faudrait que quelques dieux s'occupent de lui octroyer des dons, peut-être la force, et la ruse ou la beauté, et l'invincibilité. Mais pas d'erreurs foireuses comme Achille, cette fois ! Non, son fils serait immortel, pour de vrai. Et cette fichue Trop se casserait la cisaille sur son Destin !
____Patiemment, Cloclo tissa avec soin son merveilleux fils, imprima ses volontés dans chaque brin, apportant qualités, bienfaits, gloires, bonheurs, fortunes, dons, amours, triomphes. Elle réfléchit à chaque éventualité et y apporta un plan B, elle songea à toutes les crasses de la vieille Trop et les contrecarra d'avance. Elle pensa à tout. Son fils était magnifique, et il serait incassable. Une bonne fois pour toute, Trop cesserait de se moquer d'elle, et Lala pourrait tirer autant qu'elle voudrait : son fils serait éternel !
____Quand elle fut prête, Lala commença à tirer ce nouveau, unique et merveilleux fil. Elle ne dit rien, mais sa mine se renfrogna davantage devant la qualité des brins, leur épaisseur, la douceur des textiles assemblés, le chatoiement des couleurs présageant des futures joies de son propriétaire. Cloclo souriait de toutes ses dents. Lala renifla sans commenter, se contentant de dérouler cette vie de luxe - Cloclo était vraiment fière de son ouvrage, ce n'était pas peu dire, et elle se sentit encore plus satisfaite quand Trop eut une moue méprisante devant ce fil parfait.
____La vieille bique chiqua, s'empara en mâchonnant de ses horribles ciseaux et se hissa pour attraper entre deux doigts un autre des fils que Lala déroulait, un fil moins parfait, un beau fil simple et délicat. Elle le trancha d'un "scouic" qui la fit ricaner.
____Ébahie, Cloclo regarda son chef d'œuvre glisser subitement, sortir du rouet et tomber mort au sol, toujours aussi coloré, intact, complet. La mère de son merveilleux héros mourut avant de l'avoir conçu.
____Trop grinça pour la forme en se renfonçant dans son siège (ses articulations étaient un peu rouillées).

Concurrent(e) n°2 a écrit:
La Troisième Sœur

« Marika. Marika, la nuit se lève, fais en de même. » Les corneilles, perchées sur l’église du père Constantin, croassaient dans le jour déclinant ; oiseaux de mauvais augure. Dans la chambre d’en face, Elena Makarova, la vingtaine bien tassée, sifflotait un air grivois. Au rythme de la mélodie, son poignet, vif mais leste, battait la mesure, époussetant les meubles de l’étroite chambrée. « Allez, allez, s’interrompit-elle, tu m’as fait promettre de te tirer du lit, et moi je dois faire le ménage, ce soir j’ai de la visite. » Les paupières de Marika clignotèrent un instant et Elena lui apparut tel un spectre macabre. Sa silhouette blanche dansait sous le lustre candélabre, comme engloutie par ses propres ombres. Ses bras décharnés se pliaient, se déployaient, se raidissait et sa chair, drapée d’une fine nuisette, ondulait avec autant de grâce que de pitié ; elle n’était plus que le simulacre de ses vies antérieures.
« - Oh Elena, dans une autre vie tu étais danseuse étoile !
- Qu’en sais-tu toi, de la vie ? »
Elle sourit de ses lèvres ébréchées, mais Marika ne perçut qu’un ignoble rictus : une large ride cisaillait son front, une fossette déchirait sa joue et sa vieille cicatrice – souvenir de son père – se dessinait sous sa chevelure ambrée. « Ah ! Je suis si heureuse Marika ! Allez, allez, dépêche-toi, moi aussi je dois me doucher, Rodrigue ne vas pas tarder, il ne faut pas trainer. » Marika s’extirpa péniblement du lit et vint poser ses mains glacées sur les épaules nues de sa compagne. Sa peau était striée par le froid mais, si l’on se concentrait, l’on pouvait déceler une ancienne douceur, une candeur perdue. « Marika, va-t’en maintenant, je suis pressée et ton regard attristé n’y changera rien, va-t’en, je suis pressée, je n’ai pas le temps que tu te réveilles proprement. Ah ! Tu es irrécupérable Marika Atropos ! »

Le père Constantin lustrait une dernière fois son bénitier d’argent ; c’était là son tendre pêché. La relique, délicatement posée sur ses genoux, brillait désormais sous les lueurs du crépuscule. Il soupira, non sans une certaine fierté, et le reposa sur son bureau en acajou lorsque les corneilles soudain s’égosillèrent. « Quel mauvais présage est-ce encore que cela ? » Il bondit de sa chaise et s’engouffra dans la nef. Il ne perçut d’abord que la pénombre, puis, jaillissant des vitraux, de minces rais jaunes qui venaient balayer l’enceinte sacrée. Sa pauvre église lui parut plus miséreuse que jamais. Il y avait certes ces immenses colonnes de granit, majestueusement dessinées, reliant la terre et le ciel, et ces voûtes séculaires, comme taillées d’une pierre. Mais, à ses yeux, il n’y avait que des défauts : les dorures pelées, les moutons de poussière et le Christ, écaillé par les années, dont le visage n’était plus qu’un sanctuaire de l’indigence ; tout cela lui gicla à la figure. « Il me faut plus d’argent, pensa-t-il. » Le père se ressaisit alors, rajusta son col et s’engouffra vers l’autel.
Devant celui-ci s’était accroupie, emmitouflée dans son épais manteau de velours rouge, la belle Natascha. Son visage enfantin était baigné des dernières lueurs du jour et, comme à son habitude, habilement fardé. Un fin trait de khôl soulignait ses deux larges billes vertes et ses cheveux blonds étaient noués dans un délicat chignon. Cela faisait bien longtemps qu’il n’avait pas aperçu la jeune femme : son cœur en était réchauffé. Mais ce doux sentiment s’estompa bien vite. Elle répétait sa prière avec une extrême rapidité, comme apeurée, triturant son chapelet entre ses doigts inquiets. Le père fit bruisser sa robe ; elle sursauta.
« Oh mon père c’est vous… si vous saviez… j’ai fait une terrible erreur. » Son visage se déchira d’angoisse. Ses traits, saillants et juvéniles, semblaient s’écrouler sous le poids d’une incommensurable entité.
« Mon enfant, tu es la plus aimée des sages-femmes de Corfou, la plus dévouée de mes fidèles, et dans l’état tout entier, la plus… » Natascha fendit l’air de sa main et le père Constantin se tut, surpris par cet éclat de violence. « Vous ne pouvez pas comprendre, susurra-t-elle. Ce que j’ai fait, ce que j’ai commis, cela ne se peut, c’est violer les droits de Dieu, et ceux des hommes. Je dois surveiller le destin, pas le façonner, seul Dieu décide de telles choses ! Mais c’est un matricide que j’ai commis ici, mon père. Je le savais qu’un jour, oui, je le savais… Oh mon père ! Ils l’enterrent ce soir, ce soir même, tout est fini ! »
Elle ne semblait être qu’une enfant, une enfant qui découvrait pour la toute première fois la signification de la mort et peut-même de la vie.

La nuit étouffa alors l’île, plongeant les ruelles dans la lueur orangée des lampadaires. L’on entendait plus qu’une légère brise versatile et, au loin, vers les côtes, le ressac, infatigable métronome. Ainsi bercée, Corfou, doucement, s’endormait. Seul le cimetière vivait encore, animé par un enterrement de dernière minute. Des lamentations étouffées se faufilaient entre les tombes. Puis, surplombant ces murmures éplorés, un cri déchira l’air : un homme, les larmes aux yeux, avait bondit dans la fosse et s’agrippait au cercueil, les ongles fermement enfoncés dans le chêne. Ses mains étaient gigantesques, presque difformes, capables d’étouffer un bœuf à mains nus, et, partout sur ses bras, d’immenses veines marbraient sa peau. Elles étaient gorgées de sang comme si, dans un effort colossal, il s’apprêtait à briser le cercueil. « Laissez-la moi encore un peu, je vous en prie, ce n’était pas son jour, Maria… Oh mon Dieu, si tu m’entends ! Ce n’était pas ton jour… Maria, je regrette. Reportons à demain, j’avais tort ! »
Marika, les yeux encore voilés par la pénombre, se précipita essoufflée vers les quelques lueurs. Une petite tribu de femmes s’était formée tout autour de la fosse. Leurs visages, sculptés à même l’obscurité, s’effondraient sous leur maquillage hâtivement barbouillés. Et leurs robes froissées, leurs chapeaux déformés, leurs chaussures dévernies, tout cela trahissait la précipitation. Marika enfonça sa pelle dans l’amas de terre moite, vint tout contre le fossoyeur et lui chuchota quelques mots sur cet inexplicable évènement.
« - Que se passe-t-il, enfin ? J’ai eu ton message par ma concierge, que se passe-t-il ? Je n’y comprends rien, cet enterrement, il n’était pas prévu, alors que se passe-t-il ? Il n’y avait rien ce soir, je devais juste garder le cimetière, rien de plus.
- La macchabée, elle est morte ce matin en salle d’accouchement. Mais le fils vit, lui, au moins. L’embaumeur voulait tout faire demain, mais le mari a, disons, lourdement insisté pour que ce soit fait au plus vite. Et, vu l’armoire – c’est un charpentier comme on en fait plus –, l’embaumeur a eu du mal à refuser, tu comprends ? Un vrai lion. Si tu l’avais vu, on aurait cru qu’il allait démolir le crématorium à mains nues. Puis il est venu me voir, il était tard et la terre était déjà gelée quand il a fallu creuser, mais il a pris la pelle lui-même et il a tout labouré. T’aurais vu ça, moi, j’avais jamais vu ça, jamais, cet homme, ce n’était plus un homme, il était bestial, peut-être même divin, je ne sais pas, j’avais jamais vu ça. Tout allait à l’encontre des lois de ce monde. Il te retournait la terre comme une pelleteuse, il aurait pu le faire à mains nues s’il avait fallu ! Jamais vu ça. »
Marika se pencha au-dessus de la fosse. Les cheveux du titan était couverts de givre – il devait être là depuis des heures – et ses avant-bras nus ne cessait d’étreindre violemment le cercueil. Il leva la tête vers Marika ; ses yeux, d’un bleu-gris, étaient dilatés, striés de veines, et sa bouche bleuâtre semblait couler sur son large menton. « Donnez-moi une pelle, marmonna-t-il. » D’un geste hésitant, Marika saisit l’outil, aussitôt arrachée par le géant. Et, propulsant la terre par de gigantesques pelletées, il recouvrit sa propre femme. Un brouillard de poussière envahit l’endroit, l’air, plus lourd que jamais, brûlait les yeux de chacun, occultait les gorges. Marika dû s’asseoir, enfonçant ses doigts dans la boue et la neige. D’ordinaire placide face à la mort, Marika Atropos se sentait vaciller, cette mort-là n’était pas nécessaire, ce n’était pas la fatalité, non, c’était une simple histoire de pêché et d’orgueil.

A l’autre bout de la ville, bien loin de ces tourments, les vieilles filles du général Sifakas s’étaient réunis dans le salon ce dernier. Le patriarche – octogénaire dans la force de l’âge – contemplait sa progéniture, angoissé par une terrible pensée : comment marier de telles pipelettes ? Leur réputation de commères invétérées s’était répandue dans la Méditerranée toute entière, telle une légende des anciens temps, aucun homme de voudrait supporter cela. Ah, si seulement il avait eu un fils ! Son grand-père le capétan Sifakas avait affronté les turcs dans les révolutions crétoises, son père guerroyait à travers le monde entier, et lui-même avait été un valeureux général, son fils aurait probablement suivi une lignée semblable. Mais le sort en avait décidé autrement.
La servante, une vieille au pied bot, s’approcha vers lui, laissant clopiner sa jambe malade sur le parquet. « Monsieur, monsieur, votre avocate, Maitre Lachesis, a appelé. Elle ne pourra être là ce soir ; elle viendra demain, pour votre déjeuner. » Le vieil homme émis un léger grognement ; c’était la première fois que cette femme, la plus sérieuse et ponctuelle de cette île, venait à se décommander. L’heure devait être grave. Il envisagea chaque possibilité. Puis, comme foudroyé, il sut d’où venait la terrible curiosité de ces filles : une banale hérédité.

Marika s’avança d’un pas lent dans la nef. Son souffle était saccadé. Elle regarda ses mains couvertes de boue et se souvint des cris du charpentier ; la nuit s’était littéralement déchirée sous sa souffrance. « Tu devrais serrer moins fort ton chapelet, ma sœur, il va se briser. Pense à ton Dieu, ton Dieu si miséricordieux. » Natascha releva la tête et découvrit le corps laiteux de sa cadette. Sa bouche était tordue, couverte de poussière, et ses yeux, comme injectés de sang, la dévisageaient, elle, sa propre sœur. « Je savais que tu serais ici, auprès de ton Christ bien aimé. Le père est parti ? C’est bien. Il ne doit pas nous entendre. Lachesis est en route, elle ne devrait plus tarder. Oh Clotho, qu’as-tu fait ? Hein ? » Un éclair ; Natascha fut comme hors du temps l’espace d’un instant mais, lorsqu’elle reprit ses esprits, les mains glacées de Marika la secouait violemment. Jamais elle n’avait vu une telle rage chez sa sœur d’ordinaire si retenue. Des mèches noires couvraient les yeux de Marika, son regard semblait ne plus exister, elle était comme possédée.
« Tu te rends compte ? Un veuf et un orphelin, pourquoi donc ! As-tu regardé son fils ? Je me suis penché au-dessus de son berceau, et tu aurais vu l’état de son fil, effilé, déteint, sali. Ce n’était plus un fil, plus une vie, ce n’était plus rien ! Ah, je le savais que ce christianismes te perdrait, ma sœur ! Et nos dieux, les nôtres, les as-tu oubliés, nos dieux, nos racines, nos origines ? Ton orgueil enfantin, j’ai toujours su qu’il nous perdrait. Lorsque Lachesis sera là, je préfère partir, je ne veux pas savoir ce qu’elle te réserve. »
Natascha voulut pleurer mais une gifle s’abattit sur son visage. Sa joue était désormais face contre terre. « Comprends-moi Atropos ! Je ne peux pas croire en des dieux qui n’existent plus, qui ne se manifestent plus. Depuis quand ont-ils disparus ? Il faut se résoudre, nous sommes désormais sans maitres, je n’en suis pas capable. Il me faut croire en quelqu’un. J’ai donc choisi ce Dieu ! Mais, lorsque j’étais dans la salle d’accouchement, j’ai regardé cet enfant, tu sais ce qu’il était ? Un prophète. Un dieu. Et il voulait me voler mon Dieu à moi. Il voulait me le voler. Il n’avait pas le droit, d’être dieu. Il est difficile d’être un dieu, c’est une chose qu’un enfant ne sait pas. J’ai voulu l’étouffer, lui épargner ce terrible fardeau, mais je n’ai pas pu. Alors j’ai eu raison de sa mère, je savais que cela suffirait, cela l’empêcherait d’être prophète. Il m’a suffi d’un peu de dextérité, j’ai coupé un fil, cela en a effrangé un autre, et tout était résolu. Il ne pouvait pas me voler mon Dieu. »
Une seconde gifle tomba. Plus forte encore. Et une troisième. Marika leva de nouveau le bras, couperet prêt à s’abattre. Il en fallut de peu pour qu’il ne fondée sur le visage de sa propre sœur. Mais, comme si la rage s’était consumée, l’avait vidée, son corps se relâcha et elle s’allongea sur le banc le plus proche. « Je devrais cracher sur ton soi-disant Dieu. Tu es si orgueilleuse Clotho, tu n’es qu’une enfant. Ne réalises-tu pas que n’es pas plus dieu qu’un humain ? Tu ne grandiras donc jamais ? Sais-tu pourquoi Caïn tua Abel ? J’ai moi-même lu ta précieuse Bible, je m’en souviens parfaitement. Adam et Eve, après avoir mangé la pomme, étaient, je cite le serpent, comme des dieux – le comme ici est important. Et Caïn fut, à son tour, saisi de ce même mal, le même que le tien, ma pauvre sœur. Tu te crois dieu, mais ce n’est qu’un fantasme. Oh si tu n’étais pas ma sœur… » Atropos se sentait si lourde désormais ; elle clos ses paupières, et même les pleurs étouffés de Natascha ne purent la tirer de sa torpeur.

Le samovar en argent sifflait. C’était un vieux cadeau de l’évêque Ivan, un russe exilé en Grèce afin de guérir un de ces inexplicables maux qui viennent du froid. Le père Constantin vint éteindre le feu, posa sur son plateau deux tasses et s’apprêta à sortir de son bureau lorsqu’il perçut une seconde voix. Il pensa d’abord à Natascha elle-même ; c’était un ton plus semblable mais plus grave, une voix rauque née des entrailles d’une bête. Il reposa son plateau puis, dans un élan de curiosité, vint coller son oreille à la porte. « Atropos, Atropos, réveille-toi enfin, tu t’es encore endormie ! Où est-elle allée, tu m’avais dit qu’elle serait là, où est-elle ? Oh Atropos, tu ne m’es donc d’aucune utilité ? Lève-toi ! »
Le père, avec une extrême précaution, entrouvrit la porte, mais il ne put rien voir sans se faire lui-même repéré. Il y avait des murmures, d’excitants murmures, et cette passionnante affaire lui échappait. Mais c’était mal connaitre la curiosité de ce bon vieux Constantin. Il y avait en effet une porte dérobée qui menait directement au chœur au premier étage. Il l’emprunta d’un pas vif mais, lorsqu’il fut arrivé, ces excitantes manigances s’étaient tues. Il s’appuya sur l’orgue, dépité. Une épaisse couche de poussière recouvrait l’instrument ; ses doigts étaient noirs. « Mes enfants, il me faudrait plus d’argent pour entretenir cet endroit ! ».

Dehors, la nuit était plus noire que jamais. Seule la lumière lointaine du bureau du père luisait derrière elles. Il avait déjà recommencé à lustrer ses précieux objets d’argent, le geste précis, attentionné, minutieux. Et quelques mètres devant Atropos résonnaient le souffle puissant de Lachesis. Toutefois, plus elles avançaient, plus son haleine enragée se faisait lointaine. « Lachesis, arrête-toi, je suis bien trop fatiguée, je ne peux plus continuer ainsi ! » Des bourrasques glaciales emportèrent ses paroles. Plus loin, en pleine mer, ces rafales se fracasseraient sur la tôle d’un bateau, mais les mots de Marika, eux, resteraient muets.
Le bruit des lames contre la falaise devenait de plus en plus pressant. Atropos luttait contre la fatigue, aveugle, le pas hésitant. Le vent déposait sur ses lèvres gercées de fines particules de sel. Sa bouche était âpre, pâteuse. Et Lachesis était désormais loin, quelque part dans les profondes noirceurs de minuit.

« Lachesis, accorde-moi un plaidoyer : mes dernières paroles. Je me souviens… Je me souviens de notre enfance – où est-ce un rêve ? Il y avait trois sœurs. La première était rêveuse, perchée dans ses livres et ses édredons, somme toute hors de la vie ; on lui donna tout naturellement la mort. A la seconde, la plus coquette, amoureuse et candide, fut attribuée la naissance, l’amour des chairs et de leur création. Et la dernière, bestiale, déchainée, la vie toute entière. Toutes trois, les tisseuses, nées sous le signe du temps, furent désignées pour surveiller les mortels et, lorsqu’il le fallait, punir leurs crimes. Ce dernier acte revint à l’ainée, et, années après années, elle développa une étrange aversion envers les hommes. Elle s’enferma dans son travail, bourreau des autres et d’elle-même, exerçant les droits divins sur les pêchés des mortels. Jour après jour, elle déroulait les fils tissés, expiant minutieusement la moindre aspérité, prête à bondir sur les fauteurs. La cadette, en tant que faucheuse, fut nommée exécutrice : elle enterrerait les coupables. Et, par défaut, la troisième fut la sage-femme. Donnant la vie, elle regardait ses sœurs déformer son travail. Contrairement aux deux autres, elle ne pouvait se contenter du silence : quelle était donc le sens de la vie, pourquoi la créer si ce n’est pour la détruire, et elle, quel était son rôle à elle, son travail avait-il réellement une quelconque influence sur la vie ? Il lui fallait des réponses, elle avait besoin de savoir le but de toutes ces souffrances. Il y eut alors Dieu, cet être nouveau, omnipotent, tout puissant mais bienveillant, si loin de ses anciens maitres, jaloux et possessifs. Alors, n’était-ce pas son droit, son droit le plus naturel, de vouloir conserver ce Dieu ? Il lui fallait protéger ses croyances, et, l’espace d’un instant, l’enfant qu’elle était – je ne suis qu’une enfant il est vrai – voulut se faire Dieu à la place de Dieu. Il y avait un sursaut d’orgueil là-dessous, oui, je l’admets, mais n’était-ce pas un droit, que de vouloir cela ? C’était nécessaire pour conserver mes réponses, ma raison de vivre. Alors oui, je préfère mourir que de vivre sous le joug d’un nouveau prophète. Je suis désormais trop vieille pour changer, je ne pourrais m’y faire, ce serait un supplice que de vivre ainsi. Je suis à la fois une vieille dame et une gamine, c’est ainsi. Alors je l’ai fait, il le fallait. Que ta sentence tombe Lachesis. »

Marika s’avança vers la falaise. Le ciel se dégagea laissant apparaitre les étoiles, où gisait la lune, d’une rousseur démesurée, si rouge qu’elle saignait le ciel. Les ténèbres se dissipèrent tel un brouillard chassé par le soleil de midi. En contrebas, la mer, striée d’écume, s’agitait, ciselée par cette lune de sang. Dans la neige deux paires de bottes avaient tracées des pas, deux êtres qui se suivaient, se rapprochaient, se rejetaient, dansaient. Et, au bout de cette valse, il y avait un cadavre, inerte, Clotho, déchiquetée, luisante de sang, écarlate. Ses membres étaient disloqués et son visage détruit. Il ne restait plus rien d’elle, pas même l’once d’un aspect humain. Il y avait eu tant de bestialité dans cette agression que c’en était inconcevable. La victime, elle, ne semblait pas s’être débattue tandis que l’agresseur avait continué, encore et encore, comme s’il violait un mort.
Et, contemplant les flots, Lachesis se tenait droite dans le contre-jour nocturne. Sa longue robe noire était baignée d’une aura carmin – était-ce le sang où la lune ? – et Marika y vit la silhouette d’un corbeau, terrifiant, les ailes déployés et les serres encore ensanglantées. « Voici donc, comment l’on tue un dieu ? murmura Lachesis, placide. » Marika était saisie d’effroi. Elle voulut reculer mais ses pieds s’emmêlèrent et elle s’étala dans la neige. « Elle n’était pas un dieu, haleta Marika. Pas plus que toi Lachesis. Tu n’aurais pas dû. C’était ta propre sœur, ce sang que vous partagez, cela n’as plus aucune importance pour toi ? Tu as donc perdu tout goût pour la vie ? Après tout, reprends le métier à tisser de Clotho, moi, je n’en ferais rien. Et qu’importe, je ne crois pas que nous ayons encore un quelconque pouvoir. » Marika releva la tête, mais Lachesis s’était déjà enfuit dans la nuit.

L’aube se levait déjà lorsque Marika rentra chez elle. Elena s’était endormie sur son lit. Son souffle était constant, doux, apaisé. Et, sur son visage, Marika lut de la beauté. Elle s’assit tout contre sa partenaire de chambre et passa lentement sa main dans ses cheveux d’or. Cela lui rappelait les fils soyeux de son enfance, le long métier à tisser où, toutes les trois, elles s’émerveillaient, elles riaient, contemplaient la beauté de l’existence terrestre. Oh si seulement les vidéocassettes existaient à cette époque ! Cela avait tant changé désormais. Un à un, leurs dieux s’étaient éteints, et les hommes en avaient créé un autre, neuf, le Dieu unique. Et, peu à peu, elles se refermèrent sur elles-mêmes, chacune poursuivit sa voie, et ainsi, elle était là, elle, née Atropos, complétée Marika, un nom pour souligner son humanité naissante. Natascha, elle, avait repoussé son ancien nom, il ne restait plus que ce prénom. Et Lachesis s’était enfoncé dans un état second, l’exacerbation d’elle-même, de cette fougue et cet emportement qui la caractérisaient si bien enfant. Petites, elles jouaient près de ce métier, Lachesis grognait, une gamine qui imiterait un chat, Natascha riait, d’un rire si beau qu’il vous illuminait une maison, et elle les regardait. C’était ses grandes sœurs à elle. Mais ce temps-là était si lointain désormais.
« Oh Elena, tu es si belle, une vraie danseuse étoile, chuchota Marika. »

Concurrent(e) n°3 a écrit:Précisions de l'auteur : les noms et autres appellations marquées d'une astérisque marque une incursion directe et assumée de personnages, endroits et structures directement tirés des livres du regretté Terry Pratchett ( :( ). J'ose espérer que les autres références seront plus clairs. Bonne lecture !


____Le Patricien Vétérini* poussa un long soupir.
Devant son miroir, il ajusta son jabot de dentelle, tira sur sa robe noire trop courte qu’elle descendit au moins avec un peu d’élégance sur ses mollets et enfonça une perruque sur sa tête, perruque tissée dans le plus grand style de l’époque georgienne –drôle de déguisement, ah oui vraiment ! Non pas que l’exercice de la justice l’ennuyât, mais il en avait cette conception toute personnelle, mûrie après des années de pratique, que justice bien ordonnée commençait par lui et finissait par lui avec le moins d’intermédiaires possibles : un témoin ou deux à l’occasion, le mieux restant le concours monnayable, expéditif et discret d’un Assassin de la Guilde bien-nommée.

____Même s’il devait s’avouer que la situation était remarquable.

Le patricien se gratta le front. Que cela avait été grand souci d’organiser tout cela ! Il tourna le regard vers le jury. Initialement prévu à huit, chiffre magique et rituel par excellence, leur nombre avait explosé, si bien qu’il avait fallu ajouter nombre de bancs en catastrophe et un tabouret pour soutenir la haute carrure d’un troll dont on comprenait encore moins que le reste l’engouement pour cette affaire. Surtout qu’il s’obstinait à ne s’exprimer que par borborygmes. Dans sa première proposition, le jury comprenait donc huit membres. Mais une délégation de nains était venue se plaindre que pourquoi y aurait-il un gnome et pas de nain ? Les vampires avaient aussi élevé la voix quant à la présence en l’auguste assemblée d’un citoyen zombi éminent –enfin éminent il le restait tant qu’il ne répandait pas des morceaux de chair du plus mauvais effet un peu partout. Comme il est coutume dans la plupart des mondes de cette inimitié entre loups garous et vampires, les loups avaient grincé des dents –littéralement– en incriminant le fait qu’il dût y avoir une place pour l’un de leurs meilleurs ennemis et non pour un des leurs. La guilde des Embaumeurs et professions assimilées* s’en était mêlée, arguant qu’au vu du caractère morbide de l’affaire, leur expertise au sein d’un jury populaire serait hautement appréciable et appréciée. La guilde des Assassins* s’était-elle aussi fendue d’un émissaire, arguant qu’au vu du caractère morbide de l’affaire, leur expertise au sein d’un jury populaire serait hautement appréciable et appréciée. Avec deux guildes au menu, il avait fallu alors écouter les griefs de toutes les autres, chacune arguant qu’au vu du caractère morbide de l’affaire, leur expertise au sein d’un jury populaire serait hautement appréciable et appréciée –même la guilde des Confiseurs ? Allons, allons, tout cela tournait à la comédie, messieurs, quoiqu’ils ne se privassent de vendre quelques dragées « assaisonnées », d’après la rumeur. Il en avait fallu du temps pour transiger avec l’ensemble des plus de trois cents guildes que comptait la ville. A l’arrivée, le patricien Vétérini n’était point peu fier de tout le dispositif mis sur pied. Une cinquantaine de citoyens triés sur le volet au nom des ambitions diverses variées des différents partis en présence, et des vues humbles et éclairées du patricien. Une telle estrade de jurés garantissait au moins que chacun ne soit pas trop proche de son pire ennemi : ainsi le loup-garou du vampire, l’alchimiste du confiseur, ou encore le jeune élève de la guilde des Assassins du représentant de la Guilde des Fous, des Drilles et du Collège des Clowns* –en mauvais terme de voisinage plutôt qu’ennemis réellement mortels. M. Samuel Vimaire* avait dépêché un régiment du Guet* au cas où les choses s’envenimeraient au sein même de l’organe censé représenter la justice et l’ordre.

On frappa à la porte.

« Entrez ! », clama le patricien de son ton de commandement.

____De mémoire d’humain, de mort-vivant ou même de déité, personne ne lui en connaissait d’autre, de ton.
Le commissaire divisionnaire de la ville et duc d’Ankh Samuel Vimaire fit son entrée. Les deux dignitaires se fixèrent. Tous deux endimanchés des fanfreluches, à la différence de la robe, pourpre chez Vimaire, noire chez l’autre. Un sourire de connivence gênée les unit un instant.

« Un verre de vin, cher Duc ? demanda Vétérini pour retrouver une contenance.
- Volontiers, répondit « Sam », cela explique la gueule-de-bois de ce matin.

Sur le Disque-Monde, certaines espèces de raisin se vendangeaient avant que leur vigne ne soit taillée ou même semée. Les vins tirés de tel raisin donnait une sacrée gueule-de-bois quelques heures avant la dégustation. Vétérini remplit deux coupes de l’élégant liquide grenat du crû. Ils consacrèrent quelques minutes à se répandre en compliments élogieux sur le vin, avec cette parfaite prononciation des mots de l’œnologie et une non moins parfaite ignorance de leur sens.

- Mon Seigneur Vétérini, il faudra songer à commencer. Les gens s’impatientent. Et l’archichancelier* aimerait que l’usage de la Grande salle pour ce jugement n’empiète pas sur l’heure du dîner. Et le bibliothécaire*, même s’il refuse toujours de mettre sa robe de juge, est déjà en place !
- Vous avez raison, mon bon ami, vous avez raison. Allons donc juger ces « Moires » ! »


____La Mort* tirait la gueule.
Si tant est qu’on puisse juger d’une expression quelconque au fond de ses orbites insoutenables. Assis (est-il besoin de rappeler que la Mort est du genre masculin ?) juste derrière le banc des plaignants, sa faux bien propre et en évidence sur ses genoux, il était en proie à une vague culpabilité, sentiment nouveau –et sans doute un peu dangereux dans un tribunal improvisé. Sans se considérer particulièrement casanier, au contraire même étant doué d’un naturel plutôt curieux et ouvert à la nouveau, son métier impliquait disons une certaine routine émaillée de coutumes. L’une d’elles d’ailleurs, une de ses habitudes impliquait de ne pas ressusciter les décédés.

____Et ils étaient deux sur le banc des plaignants !

Il avait fallu le concours de deux déités issues de deux cosmogonies différentes, un contrat triplement paraphé par les mains conjointes de Vétérini, du Grand-Maître de la Guilde des Embaumeurs et professions assimilées et la Mort lui-même pour autoriser cet écart des lois naturelles. La Mort se gratta le front. Même si les cas de résurrections et autres réincarnations gardaient taux relativement dans le Disque-Monde, le fait de s’autoriser à tel acte lui donnait vaguement le goût de la tâche mal accomplie. Et personne ne se posait jamais sérieusement la question : mais à quoi ressemblerait donc un univers où la Mort ferait mal son travail ?
Mais il n’eut pas le temps de pousser plus loin la réflexion car tout le monde se leva pour accueillir l’entrée des juges.

____Samuel Vimaire embrassa immédiatement la salle d’un regard exercé. Le bibliothécaire de l’Université Invisible –malencontreusement transformé en orang-outan par un sortilège mal ajusté, mais curieux satisfait de son sort– poussa un gloussement simiesque et se redressa sur son siège en les voyant arriver. En considérant la mine inquiète qu’il jetait au gigantesque empilement de peaux de bananes tout près de son siège, le jeune greffier vivait assez mal le voisinage du magistrat improvisé. Vimaire étouffa un sourire. Comme il aurait été bien indélicat de travestir l’Université en haut lieu de cour de justice sans proposer quelque rôle d’importance à l’un des mages. Le choix du patricien s’était aussitôt porté vers l’orang-outan. A la véhémence des arguments qui s’étaient logiquement élevés contre, Vétérini avait répondu qu’en sa qualité d’animal, son impartialité était au-delà de tout reproche.
Pourvu qu’on le fournisse suffisamment en bananes.

____A leur droite, s’entassaient tous les membres du jury et les gars du Guet que Vimaire leur avait collé au train.
En face, derrière les bancs des prévenus et de la partie civile, une assemblée de curieux, de mages endormis, de démarcheurs, de nobles en mal d’excentricité. Et le commissaire aurait certainement reconnu des visages si sa perruque ne lui avait pas malencontreusement glissé dans les yeux. Au moment de la rajuster, Vétérini était déjà assis à la chaire des juges, et le bibliothécaire frappa la table d’un petit maillet de bronze prévu à cet effet. Comme monté par un ressort bidouillé par quelque horloger cruel, le greffier se dressa haut dans sa livrée ajustée pour l’occasion. Il déroula un parchemin quasiment aussi long que lui.

« Mesdemoiselles, mesdames, messieurs, je déclare l’ouverture en bonne et due forme. Honorable Cour, veuillez accueillir les honorables juges dépêchés à cette affaire. Présidera l’éminent patricien Vétérini, assisté du commissaire divisionnaire Samuel Vimaire, et de l’éminent bibliothécaire de l’université Invisible. Nous tenons d’ailleurs à remercier les mages et particulièrement son Eminence l’archichancelier.

Le ventre de Mustrum Ridculle*, archichancelier de l’Université Invisible, montra toute sa reconnaissance envers l’hommage du jeune homme d’un sonore gargouillis particulièrement affamé. L’humble greffier en rougit jusqu’aux racines. Mais doué d’une vive politesse, il eut l’intelligence –ou était-ce l’inverse ? – de réduire considérablement son discours pour s’en tenir à l’essentiel.

- L’enjeu du procès est d’établir la culpabilité ou l’innocence des accusées les Moires dans l’affaire dite de « Blanche-Neige et les sept Nains » !

En assentiment –ou pour signaler qu’on lui apportât d’autres bananes– le bibliothécaire salua la tirade d’un coup de marteau. Le Patricien Vétérini s’éclaircit la gorge.

« Hum… bon, mademoiselle Atropos, les plaignants ici présents, MM. Grimm vous accusent formellement d’avoir attenté en conscience à la vie du prince de leur conte.

Les deux auteurs secouèrent la tête avec quelque véhémence pour appuyer le propos, laissant échapper un peu de chair putréfiée et des asticots. La Mort n’avait point l’habitude de rendre. Alors il s’était basé sur ce qu’il connaissait pour bricoler un résultat au moins viable à défaut d’être flatteur. Et à regarder de près les deux frères zombifiés, il n’y avait pas à rougir du résultat. Le procès se poursuivait.

- Donc vous serez assistée et défendue par vos consoeurs, Maîtres Clotho et Lachésis, c’est cela ?
- C’est cela même, votre Honneur ! répondirent les trois Moires en chœur d’une voix évoquant des hivers qui ne donneraient pas envie de sortir de chez soi.

Vimaire et Vétérini, pourtant hommes à en avoir vu d’autres, en réprimèrent un frisson. Le bibliothécaire, d’une remarquable placidité simiesque, continua à ruminer sa bouchée de banane.

- J’appelle l’accusée à la barre.

Souplement d’une démarche si chaloupée qu’on la croyait en train de planer près du sol que marcher, la Moire se leva et vint s’asseoir à la place susnommée. Lachésis se leva à son tour.

- Je souhaiterai interroger ma sœu… ma cliente, vos Honneurs !
- OBJECTION ! s’empourpra aussitôt le commis d’office délégué aux frères Grimm. Il s’agissait d’un jeune membre fervent de la Guilde des Avocats, dont la passion magnifique n’égalait que son inexpérience la plus totale en matière de procès.
- Rejeté, repoussa poliment Vétérini, l’accusée est à vous, maître Lachésis.

De façon aussi aérienne que sa sœur, la deuxième Moire s’approcha de la barre.

LACHESIS : Mlle Atropos, est-il vrai vous avez consciemment attenté à la vie du prince dans le conte Blanche-Neige que MM. Grimm ont écrit.
ATROPOS : Non, Maître !
AVOCAT : OBJECTION !
VETERINI : Pertinence de l’objection ?

(l’avocat se rassit, rougi d’une couleur dont on ne saurait préciser s’il appartenait à la honte ou la colère)

LACHESIS : Mlle Atropos, auriez-vous la gentillesse de nous expliquer ce qu’il se passa ce fameux jour… quelque part dans notre éternité ?

(la Moire accusée s’éclaircit la gorge)

ATROPOS : Bien sûr chère sœu… Maître. Je m’étais entichée de cette lecture, écrite conjointement par les mains de mes accusateurs. Et tout se passait pour le mieux du monde. Malgré nos griefs juridiques, je dois admettre qu’ils sont de remarquables auteurs.

(elle se tut, visiblement gênée, pour peu qu’on arrivât à lire une émotion sous son capuchon et sur son visage insondable. Vimaire se pencha vers elle)

VIMAIRE : Un problème, Mlle ?
ATROPOS : Pour expliquer en détail, il faudra que je dévoile un peu l’intrigue.
VETERINI : Il s’agit d’une cour de justice, Mlle. Non d’un salon de lecture. Poursuivez, je vous prie.
ATROPOS : Mon dilemme intervint au moment où le Prince Sans-Nom demande l’autorisation d’emporter le cercueil de sa Belle.
LE BIBLIOTHECAIRE : ouhou ouhou

(qu’on traduirait approximativement par « plus de bananes ! »)

VETERINI : Et alors ?
ATROPOS : Le problème était le cheval du prince, votre Honneur.
VETERINI : Le cheval ? Quoi du cheval ?
ATROPOS : Il était malade, votre Honneur.
AVOCAT : OBJECTION !!
VETERINI : Accordée.

(là il y eut un moment de flottement, l’avocat visiblement surpris, s’empourpra de honte, farfouilla vigoureusement en ses notes, alors que dans le jury les tensions allaient crescendo, le loup-garou du groupe ayant lâché une mauvaise blague à propos des vampires. Heureusement, l’avocat trouva bien vite ce qu’il cherchait : un exemplaire vieillot et écorné du conte)

AVOCAT : Il n’est fait mention nulle part. Nulle part, vos Honneurs, messieurs les jurés ! Nulle part donc dans le conte écrits par mes clients, que le cheval du prince fût malade.
MM. GRIMM : rah rah !

(ce qu’on assimilât à de la satisfaction)

LACHESIS : Et vous avez raison, Maître. Mais je tiens à signaler que non plus, nulle part est-il fait mention que le cheval fût bien portant. Alors ma soeu… mon estimée cliente en appelle simplement à son droit d’imagination de lectrice. Qui donc parmi nous tous, n’a jamais recouru à son imagination pour non pas travestir ou noyer la vérité d’un écrit mais plutôt éclaircir et mieux s’approprier une histoire ?

(là encore il y eut un moment de flottement. Pour la plupart, ils durent faire grand effort de mémoire pour se rappeler de la dernière fois qu’il avait lu un livre. Pour les mages, cela leur arrivait souvent, mais les grimoires sur lesquelles ils s’abimaient les yeux manquaient cruellement de fantaisie et il était rudement conseillé de lire un sortilège au pied de la lettre, sous peine de résultats… hum… abracadabrants. Vimaire s’éclaircit vigoureusement la gorge.)

VIMAIRE : Brillante plaidoirie, Maître ! Pourrions-nous en revenir à l’exposé des faits ?
ATROPOS : Vous comprendrez bien, vos Honneurs et messieurs les jurés, qu’avec un cheval si malade, vu mes compétences en matière de vie et de mort, surtout de mort en vérité. Je n’avais d’autre choix que lui couper le fil sous le pied, si vous me permettez l’expression.
VETERINI : Occasionnant la chute mortelle du prince Sans-Nom dans le même temps ?
ATROPOS : Hélas !

(le patricien se gratta le menton, une ride soucieuse creusée au front puis s’adressa au jeune commis d’office)

VETERINI : Maître, des questions pour l’accusée ?

(l’autre écarquilla grand les yeux)

AVOCAT : J’ai le droit ?
VETERINI : Bien sûr. Vous avez des questions ?

(l’autre se rassit, honteux et confus)

AVOCAT : Non, votre Honneur.
VETERINI : Alors il est plus que grand temps de laisser le jury délibérer et prononcer son verdict.

(il est de tradition qu’on laisse le jury quitter la Cour pour délibérer et réfléchir avant le verdict. Mais prévoyant quelques débordements, Vimaire avait prudemment suggéré qu’on laissât le jury débattre à la vue de tous. Ainsi le verdict tomba sans aucune surprise dans la grande salle)

PREMIER JURE (élève de la Guilde des Assassins) : Non coupable !

(il précisa d’ailleurs qu’il ne comprenait réellement pas en quoi influer sur la vie d’un tiers et causer de l’influence sur la vie d’un autre même de manière tragique pouvait constituer un dossier d’accusation. Puis ses yeux s’écarquillèrent d’idées nouvelles : en voilà un qui emporterait du travail à la maison !)

Le bibliothécaire frappa sentencieusement la chaire des juges de son maillet. Le patricien Vétérini se leva.

« Bien au nom du jury, au nom des juges, je déclare la Moire ATROPOS non coupable et libre de tous ses chefs d’accusation. La séance est levée ! »

Il y eut de vibrants applaudissements. Pas qu’on se passionnât beaucoup pour les conclusions du jury en soi, mais les plus bruyants étaient les mages qui se réjouissaient qu’on libère enfin leur grande salle car l’heure du souper approchait à grands pas. Vétérini se rappela soudain quelque chose. Il regarda en direction de la Mort toujours tranquillement assis.

« Vénérable Mort, je vous prie de reconduire, les deux auteurs d’où ils viennent, s’il vous plaît.
- CE SERA AVEC PLAISIR.
- Non, laissez-moi faire, plaida la Moire innocentée.

Atropos et la Mort échangèrent un sourire de connivence, entre deux visages qui n’avaient jamais su et appris à sourire correctement.

- JE VOUS EN PRIE, CHERE COLLEGUE. »


Dernière édition par Mishima le Dim 4 Déc 2016 - 11:37, édité 4 fois
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Re: Alfy contre Hamilcar contre Mishima : Jouet du destin

Message  Hamilcar le Ven 25 Nov 2016 - 13:14

Euh, à qui on envoie le MP, du coup ?
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Re: Alfy contre Hamilcar contre Mishima : Jouet du destin

Message  Mishima le Ven 25 Nov 2016 - 19:05

Moi toujours Ham'. :cheers:
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Re: Alfy contre Hamilcar contre Mishima : Jouet du destin

Message  Hamilcar le Ven 25 Nov 2016 - 19:12

Meh. Faut pas que je l'envoie plus tôt, alors. :tongue:
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Re: Alfy contre Hamilcar contre Mishima : Jouet du destin

Message  Martel le Ven 25 Nov 2016 - 19:56

Super ! courage aux challengers !

Mais n’oubliez pas qu’à la fin, vos lecteurs ne choisiront qu’un seul texte et couperons le fil de vie des deux autres auteurs.

Oh la pression :P
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Message  BLUETIT le Jeu 1 Déc 2016 - 18:33

beau sujet ! :coeur:
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Re: Alfy contre Hamilcar contre Mishima : Jouet du destin

Message  Hamilcar le Jeu 1 Déc 2016 - 19:01

J'ai rien ! KITWAAA
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Re: Alfy contre Hamilcar contre Mishima : Jouet du destin

Message  Alfy le Jeu 1 Déc 2016 - 22:13

J'ai fini mon texte moi, j'ai été gravé inspiré, j'ai fait mes cinq pages. Raaah, ces deux flemmards
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Re: Alfy contre Hamilcar contre Mishima : Jouet du destin

Message  Hamilcar le Jeu 1 Déc 2016 - 22:22

Vu le sujet, les Muses se sont vexées et m'ont désertée. :(

J'espère que Mishou aura fait quelque chose x')
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Re: Alfy contre Hamilcar contre Mishima : Jouet du destin

Message  Alfy le Ven 2 Déc 2016 - 23:02

Mishou n'a encore rien fait mais dans mon extrême bonté je lui accorde un délai pour qu'il y ait duel
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Re: Alfy contre Hamilcar contre Mishima : Jouet du destin

Message  Mishima le Dim 4 Déc 2016 - 11:34

Sorry for the delay.!!!

Triplette promise, triplette due.!! Vu que certains textes sont longs (*hum*) j'ai laissé un mois de sondage (genre le résultat sera connu l'année prochaine, quoi. :o)

BONNE LECTURE.!!!!!
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Re: Alfy contre Hamilcar contre Mishima : Jouet du destin

Message  Hamilcar le Dim 4 Déc 2016 - 11:55

Chers confrères de truel, vous mettez la barre bien haut. :o
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Re: Alfy contre Hamilcar contre Mishima : Jouet du destin

Message  Alfy le Dim 4 Déc 2016 - 17:24

Oui je trouve que mes partenaires ont fait aussi de très bons textes. Mais surtout l'on a tous les trois été dans des thèmes et des tons complètement différents ! Du coup c'est encore plus sympa
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Message  Martel le Lun 5 Déc 2016 - 18:58

Vous vous êtes surpassés dites donc ! Bravo à tous les trois !
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Re: Alfy contre Hamilcar contre Mishima : Jouet du destin

Message  Adhâara le Mar 6 Déc 2016 - 13:45

Oui félicitations à tout les trois :) Vos textes sont vraiment sympa !

J'essaie de me faire des pronostics sur qui à fait quoi x) Y'a que Alfy pour lequel je suis sûre ^^
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Re: Alfy contre Hamilcar contre Mishima : Jouet du destin

Message  Alfy le Mar 6 Déc 2016 - 14:50

Non mais on me reconnaît tout le temps aussi...
Et sinon je pense quand même que trouver Chat et Ham est clairement possible (du moins moi ça m'a sauté aux yeux personnellement)
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Re: Alfy contre Hamilcar contre Mishima : Jouet du destin

Message  Hamilcar le Mar 6 Déc 2016 - 15:16

C'est pas comme si Mishou avait partagé des extraits sur la box en même temps qu'il écrivait. :roll:


Alfy : ça prouve que tu as du style ; et quel style ! =D
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Re: Alfy contre Hamilcar contre Mishima : Jouet du destin

Message  BLUETIT le Mar 6 Déc 2016 - 17:57

Bravo à tous les trois, que de beaux textes,
merci
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Re: Alfy contre Hamilcar contre Mishima : Jouet du destin

Message  Hamilcar le Mer 7 Déc 2016 - 9:57

Hey, les gens ! Pensez à venir voter ! :cheers:
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Re: Alfy contre Hamilcar contre Mishima : Jouet du destin

Message  Adhâara le Mer 7 Déc 2016 - 11:07

J'ai quand même mon pronostic pour Ham et Mish mais après on verra bien :)
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Re: Alfy contre Hamilcar contre Mishima : Jouet du destin

Message  Garm le Ven 9 Déc 2016 - 23:43

Ce début :
« Marika. Marika, la nuit se lève, fais en de même. »
:coeur: :coeur: :coeur:
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Re: Alfy contre Hamilcar contre Mishima : Jouet du destin

Message  Mishima le Jeu 5 Jan 2017 - 13:00

Blablabla, bien joué mon chien :cheers:, et bonne année littéraire à tous.!

Qu'on inscrive leurs exploits au Panthéon.!!
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