Les relectures

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Les relectures

Message  Invité le Sam 23 Mar 2013 - 17:59

Elles ne constituent pas la phase la plus agréable de l’écriture : elles nous plongent le nez dans nos fautes, nous font réaliser que nous avons, en plus d’écrire des erreurs, laissé traîner des horreurs… Notre style nous fait soudain bien honte. Et comment avons-nous pu écrire quelque chose d’aussi incohérent ?
Elles sont douloureuses, mais indispensables pour la qualité du manuscrit. Ce sont les relectures. Oui, il y en a bien plusieurs. Il y a la relecture complète du manuscrit, les relectures de chapitre, des relectures plus ciblées…
Pour des raisons exposées ici, on évitera de cibler trop les relectures.

Au moins un conseil de base :

Il y a un juste milieu à trouver entre le perfectionnisme et le laxisme. Mais dans ce juste milieu, il y a un principe de base : on ne relit jamais assez. Surtout si on s’y attelle seul… Surtout, il ne faut pas hésiter à se faire aider. D’ailleurs, j’ai déjà eu l’occasion de le dire, mais je le répète néanmoins : un manuscrit, avant d’être publié, sera toujours corrigé par une équipe dont c’est la spécialité. Même les pointures passent par là.
Et puis, se relire seul tourne vite à la prise de tête. Être aidé peut rendre la relecture conviviale, non ?

Que surveiller lors d’une relecture ?

On peut voir trois aspects pour un texte : le fond, la forme et la syntaxe.

Le fond :

C’est tout simplement ce qui est raconté.

Les incohérences :
On vérifie la vraisemblance des actions. J’ai eu l’occasion de lire une nouvelle (sur un site de lecture, pas dans une anthologie) où on ouvrait un carton à l’aide d’un pied-de-biche ! Oups ! Ça, c’est le genre d’élément à dégager illico. Comment peut-on laisser passer des choses aussi énormes ? Dans le feu de l’action, tout peut arriver. Par exemple, j’ai bêta-lu, il y a quelques années et en d’autres lieux, une nouvelle (par ailleurs excellente) où deux cadavres décapités étaient identifiés grâce à leurs empreintes dentaires. L’auteur, quand j’ai mis le doigt dessus, était confus et a avoué ne pas s’en être rendu compte. Parce qu’il était trop pris dans sa nouvelle !
On fera aussi attention à ce que les actions des personnages soient bien en accord avec leur personnalité. On évitera, par exemple, qu’un homme plutôt lâche soit le premier d’un groupe à faire face à un agresseur surpuissant.
À noter que certaines incohérences peuvent venir d’un manque de documentation, surtout si on situe son histoire dans un univers réaliste. Ainsi, dans une première version de ma nouvelle L’affaire Cédric Leverre, je racontais que le jeune Cédric avait volé l’arme de service de son oncle, officier du RAID. C’est un bêta-lecteur qui me signale que les agents du RAID sont tenus au secret professionnel ! Une solide documentation évite a priori ces erreurs, mais un détail peut toujours être omis.
Plusieurs illogismes sont évoqués dans cette remarquable fiche d’Ielenna.

Les dialogues :
On les aura élaborés à l’aide de la remarquable fiche d’Émilie Rosier. Toutefois, un relâchement peut suffire à ce qu’un dialogue sonne faux ou s’avère inutile. La relecture permettra de traquer ces dialogues ratés.

La forme :

Nous avons relu ce qui était raconté. À présent, voyons un peu comment c’est raconté. Est-ce bien mis en valeur ? Est-ce bien clair ?

La présentation :
C’est avant tout elle qui va rendre le texte plus ou moins agréable à lire. On divise chaque chapitre en paragraphes, et chaque paragraphe commencera par un petit coup de tabulateur. Jusque là, ça paraît évident. La relecture permettra de corriger les omissions de ces points. Concernant la longueur d’un paragraphe… Disons qu’elle se décide d’elle-même. Un paragraphe (hors dialogues) contient : une action ou une série d’actions —ayant le même but– se déroulant au même moment, d’un même personnage, une pensée ou des pensées ayant le même objet…
Par exemple : Un personnage qui se rend au travail (but d’action). Dans un paragraphe, ce personnage va enfiler sa veste, ouvrir son garage, prendre sa voiture (plusieurs actions ayant le même but : se rendre au travail)… Son petit déjeuner aura fait l’objet d’un paragraphe précédent. Et ce qui se passe au travail, c’est pour le paragraphe suivant.
Concernant les dialogues, les guillemets ne sont plus de rigueur. On préfère précéder chaque réplique d’un tiret. Attention : le bon tiret est :
Code:
On peut se dispenser du coup de tabulateur initial pour les répliques de dialogue, ce qui les distingue encore plus de la narration.

Le style :
Un bon style est avant tout clair et adapté au fond. Il est inutile de décrire de façon poétique un évènement banal. Si vous décrivez une poursuite avec de longues phrases, je doute que vous lui donniez un rythme correct.
Le bon rythme narratif (voir l’excellente fiche de Kitsune à ce sujet) et les bonnes figures de style ne dispensent pas d’une chose qui demande la plus vive attention : les répétitions. Certaines répétitions sont spécialement traîtresses : la répétition du pronom, par exemple

La syntaxe :

En début de fiche, je conseille de l’aide. Si vous avez des difficultés en français ou si vous êtes dyslexique, cette aide est capitale pour cette phase ! Vous embarquer seul(e) là-dedans risque de tourner à l’arrachage de cheveux !
La plupart des fautes, lorsqu’on n’a pas de problèmes en français, sont dûes à l’inattention. La relecture, plus attentive que l’écriture —et exécutée Bescherelles et dictionnaire en mains !–, les détecte plus ou moins facilement, suivant la longueur des phrases. N’hésitez surtout pas à analyser vos phrases. Oui, ce minutieux travail qui nous saoûlait de l’école primaire au collège ! Retrouvez votre sujet, retrouvez votre verbe, retrouvez votre ou vos compléments… et vous trouverez les bons accords. Les adjectifs, quels noms qualifient-ils ? La réponse à cette question n’est pas toujours évidente…

Quand relire ?

La relecture à chaque phrase vous fait tomber dans le perfectionnisme. C’est fastidieux et stérile dans la mesure où une phrase n’a jamais de valeur pour elle-même : c’est dans un contexte qu’elle prend sa valeur.
On relit au moins un paragraphe. Au maximum un chapitre.
Puis on corrige…

Et bien entendu, on relit tout son manuscrit quand un jet est terminé !

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